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EXCLU – JEAN-LOUIS LECA

« ON NE TRICHE PAS AVEC L’IDENTITÉ »

De la pelouse aux bureaux, le Furianinchu a raccroché les crampons mais n’a rien perdu de sa simplicité. Désormais dans le costume de dirigeant au RC Lens, Jean-Louis Leca s’est confié à Corsinfoot. De ses racines ancrées ici, en Corse, jusqu’aux ferveurs de Bollaert, il dresse un pont entre deux terres de football et livre sa vision, du monde pro aux terrains amateurs. Entretien.


Est-ce que c’est difficile de “tuer” le joueur pour devenir dirigeant ?

Jean-Louis Leca : Franchement, je ne l’ai jamais vraiment tué. J’aurai toujours une âme de joueur. Simplement, aujourd’hui, je la mets au service d’un projet collectif autrement. L’exigence, la grinta, la lecture du vestiaire, je les ai gardées. Mais je dois prendre du recul, penser stratégie, structure, avenir. Ce n’est pas renier le joueur, c’est le faire évoluer.

Quel est le point commun entre Furiani et Bollaert ?

Jean-Louis Leca : Au-delà des stades, c’est surtout le lien entre la Corse et le Pas-de-Calais. Ce sont des terres de caractère, des gens fiers de leur culture, attachés à leurs traditions. Là-bas comme ici, on ne triche pas avec l’identité. Les supporters sentent si tu respectes le maillot.

« Le talent ne suffit pas. Il faut cette mentalité faite de respect, d’humilité et d’adaptation. »

Pour réussir là-haut, faut-il justement cette mentalité ?

Jean-Louis Leca : Oui. Le talent ne suffit pas. Il faut cette mentalité faite de respect, d’humilité et d’adaptation. Quand tu arrives quelque part, tu dois comprendre où tu mets les pieds. Respecter les gens, leur histoire, leur manière de vivre le football. C’est la base.

Est-ce que tu suis encore les championnats amateurs en Corse ?

Jean-Louis Leca : Avec mon rôle actuel, c’est compliqué de tout suivre. Mais je garde toujours un œil sur l’AS Furiani Agliani. Ça reste mon club, mes racines. On ne coupe jamais vraiment le lien.

À un jeune de 15 ans qui rêve de devenir pro, tu lui dis quoi ?

Jean-Louis Leca : Je dirais une chose aux gamins… et aux parents : amuse-toi avec tes potes. Et laissez les enfants tranquilles. À 15 ans, ça doit rester un jeu. Le travail est important, oui. Mais sans plaisir, tu ne tiens pas. La pression précoce casse plus de carrières qu’elle n’en construit.

Envisages-tu un retour un jour dans un club corse ?

Jean-Louis Leca : Je reviendrai vivre chez moi, ça c’est sûr. Après, pour m’investir dans un club, on verra. Le moment, le projet, les personnes… tout compte. Je ne ferme aucune porte, que ce soit en amateur ou en professionnel. Mais chaque chose en son temps.

Si tu devais garder une seule image de tes années en Corse ?

Jean-Louis Leca : C’est difficile d’en choisir une. Sur le plan professionnel, je dirais ces moments à Bastia, jouer avec des amis comme Cahu, Gilles, Toto, François… C’est rare et précieux. Et au niveau amateur, enfant, je garde l’odeur de la buvette, les merguez, mon père à la plancha avec mes oncles, mes frères, toute la famille autour du terrain. Ça, c’est le vrai football.

Corsinfoot remercie chaleureusement Jean-Louis pour le temps accordé et lui souhaite le meilleur pour la suite et sa fin de saison au RC Lens.

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